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mercredi 29 juin 2022

Saint Paul

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Saint Augustin

Le sens profond des trois morts ressuscités par Jésus-Christ - Saint Augustin

Nous trouvons dans l’Évangile trois morts ressuscités visiblement par le Seigneur, mais des milliers invisiblement. La fille du chef de la synagogue (Mc 5,22s), le fils de la veuve de Naïm et Lazare (Jn 11) sont le symbole des trois sortes de pécheurs que le Christ ressuscite aujourd’hui encore. La jeune fille était encore dans la maison de son père ; le fils de la veuve de Naïm n’était plus dans la maison de sa mère, mais pas encore dans le tombeau ; Lazare était enseveli. Il y a donc des gens dont le péché reste dans le cœur, mais qui ne l’ont pas commis en acte. Ils ont consenti au péché, le mort est à l’intérieur de l’âme, il n’est pas encore transporté au-dehors. Or, il arrive souvent que des hommes fassent cette expérience en eux-mêmes : après avoir entendu la parole de Dieu, le Seigneur semble leur dire : « Lève-toi. » Ils condamnent le consentement qu’ils ont donné au mal, et ils reprennent souffle pour vivre dans le salut et la justice. D’autres, après le consentement, vont jusqu’à l’acte ; ils transportent le mort qui était caché dans le secret de leur demeure et l’exposent devant tous. Faut-il désespérer d’eux ? Le Sauveur n’a-t-il pas dit à ce jeune homme : « Je te l’ordonne, lève-toi » ? Ne l’a-t-il pas rendu à sa mère ? Il en est ainsi de celui qui a agi de la sorte : s’il est touché et remué par la parole de vérité, il ressuscite à la voix du Christ, il est rendu à la vie. Il a pu faire un pas de plus dans la voie du péché, mais il n’a pas pu périr pour toujours. Quant à ceux qui s’enchaînent dans des habitudes mauvaises au point de leur ôter même la vue du mal qu’ils commettent, ils entreprennent de défendre leurs actes mauvais, ils s’irritent quand on les leur reproche. Ceux-là, écrasés sous le poids de l’habitude du péché, sont comme ensevelis dans le tombeau. Cette pierre placée sur le sépulcre, c’est la force tyrannique de l’habitude qui accable l’âme et ne lui permet ni de se lever ni de respirer. Écoutons donc, frères très chers, et faisons en sorte que ceux qui vivent, vivent, et que ceux qui sont morts, revivent. Que tous ces morts fassent pénitence. Que ceux qui vivent, conservent cette vie, et que ceux qui sont morts se hâtent de ressusciter. Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église – Sermon 98

Peut-on donner sa vie pour une vérité dont on n’est pas sûr ?

Les bienheureux apôtres ont vu, les premiers, le Christ pendu à la croix, ils ont pleuré sa mort, ils ont été saisis d’effroi devant le prodige de sa résurrection, mais bientôt, transportés d’amour par cette manifestation de sa puissance, ils n’ont plus hésité à verser leur sang pour attester la vérité de ce qu’ils avaient vu. Pensez, mes frères, à ce qui était demandé à ces hommes : partir dans le monde entier prêcher qu’un homme mort était ressuscité et monté au ciel, souffrir pour la prédication de cette vérité tout ce qui plairait à un monde insensé : privations, exil, chaînes, tourments, bûchers, bêtes féroces, des croix et la mort. Était-ce pour un objet inconnu ? Était-ce pour sa gloire que Pierre mourait ? Pour son avantage qu’il prêchait ? Lui, il mourait ; un autre que lui était glorifié. Lui, il était tué ; un autre adoré. Seule la flamme ardente de la charité unie à la conviction de la vérité peut expliquer une pareille audace ! Ce qu’ils ont prêché, ils l’avaient vu. On ne meurt pas pour une vérité dont on n’est pas sûr. Ou bien, devaient-ils nier ce qu’ils avaient vu ? Ils ne l’ont pas nié : ils ont prêché ce mort qu’ils savaient tout à fait vivant ; ils savaient pour quelle vie ils méprisaient la vie présente. Ils savaient pour quel bonheur ils supportaient des épreuves passagères, pour quelle récompense ils foulaient aux pieds toutes ces souffrances. Leur foi ! Elle pesait dans la balance plus que le monde entier. Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église – Sermon 311, 2