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jeudi 1 décembre 2022

Saint Eloi

Articles Hubert Le Caron

Hubert Le Caron

La Révolution d'octobre en Russie - H. Le Caron

« Pas plus que la Révolution française, écrit J. Bordiot, la Révolution russe d’octobre 1917 ne fut l’explosion spontanée d’une révolte du peuple contre le régime monarchique. Elle fut au contraire le résultat d’une longue manipulation de l' »intelligentsia » russe par les éléments non slaves. » « Longtemps partagée entre « occidentalistes » partisans d’une évolution vers la culture européenne et « slavophiles » attachés à l’essence même de l’esprit russe, c’est dans la représentation didactique du monde telle qu’exposée par Karl Marx dans le Capital (paru en Allemagne en 1867 et traduit en russe en 1869) que l’intelligentsia russe, dans sa majorité, voulut reconnaître l’expression de son idéal politique » (J. BORDIOT, opus cit., p. 115). En 1885, certains des nombreux « clubs » ou cercles qui s’étaient créés à la manière des Sociétés de Pensée françaises de la fin du dix-huitième siècle, fusionnèrent au sein d’une « union pour la libération de la classe ouvrière » sous la direction de Vladimir Ilich Lénine et de Julius Martov. En 1903 ce mouvement se transforma en parti Social-Démocrate, lui-même scindé en deux fractions : les Bolcheviks (du russe Bolcheviki ou Majoritaires) partisans de Lénine et les Mencheviks (de Mencheviki ou Minoritaires) partisans de Martov, qui étaient plutôt favorables à des réformes démocratiques dans le cadre du régime existant. Mais il leur fallait un soutien financier (les attaques de banques et de convois d’argent n’étant pas suffisants). Ce fut le banquier juif Jacob Schiff, né en 1847 à Francfort-sur-le-Main, qui finança les révolutionnaires russes (sans doute en grande partie à cause de la situation des Juifs en Russie). Il était parvenu alors à la direction de la banque « Kuhn, Loeb and Co » de New York. Le petit-fils de Jacob Schiff a reconnu dans un article publié le 3 février 1949 par le New York Journal American que son grand-père avait versé au total vingt millions de dollars-or aux révolutionnaires russes, sur lesquels Lénine a remboursé 600 millions de roubles-or (de l’ordre de 450 millions de dollars or) à la banque « Kuhn, Loeb et Cie » entre 1918 et 1922. Même si l’on tient compte des intérêts et des risques de l’opération, l’affaire ne fut pas mauvaise pour les banquiers. Les banques Morgan-Rothschild-Lazare dont les dirigeants étaient membres de la « Table Ronde » versèrent aussi d’importantes subventions aux révolutionnaires russes. On sait également d’une manière certaine (voir la note secrète adressée le 12 février 1918 par le 3e bureau au Président du Conseil des Commissaires du peuple) (Documents parlementaires des Etats-Unis, J. BORDIOT, op. cit., p. 122) que le gouvernement allemand subventionnait depuis longtemps les révolutionnaires russes, soit directement par la Reichsbank, soit par l’intermédiaire de Max Warburg, de la banque « MM. Warburg et C’° » de Hambourg. Max Warburg était le frère de Paul Warburg, gendre du banquier Loeb de la « Kuhn, Loeb and Cie »1. Lorsqu’au mois d’avril 1917, c’est-à-dire en pleine guerre, Lénine quitta la Suisse pour gagner Pétrograd en traversant l’Allemagne dans un train spécial (son passage avait été négocié entre le haut commandement allemand et Paul Warburg), il transportait avec lui quarante millions-or fournis par le gouvernement de Berlin. Lénine vivait dans la pauvreté et il fallait bien qu’il se procure ailleurs que dans les groupuscules révolutionnaires en exil les fonds dont il avait besoin. Des Anglais, comme sir George Buchanan et lord Milner (le fondateur de la « Table Ronde »), aidèrent aussi puissamment les révolutionnaires russes. Le général de Goulevitch, du G.Q.G. russe, dans son ouvrage Tsarisme et Révolution, écrit que lord Milner aurait fourni plus de 21 millions de roubles aux révolutionnaires russes. On sait aussi que Trotsky, réfugié aux U.S.A., avait pris place, le 27 mars 1917, sur le s/s Christiana avec 275 camarades et des fonds importants. Le bateau ayant fait escale à Halifax, au Canada, Trotsky fut appréhendé par la police canadienne et ses fonds confisqués. Ce fut sur l’intervention de l’Anglais sir William Wiseman (qui en sera récompensé plus tard par une association dans « Kuhn, Loeb et Cie ») et sur l’intervention personnelle du « colonel » House que Trotsky fut relâché au bout de cinq jours avec son argent ; qu’il reçut un passeport américain et, le 17 mai, put rejoindre Lénine à Pétrograd. Mais il n’y eut pas seulement une aide des banquiers et du gouvernement allemand dans cette conspiration qui permit d’abattre le régime tsariste ; il y eut aussi une volonté des gouvernements anglais et américain dont la plupart des membres appartenaient aux Loges et aux grandes organisations internationales dont nous venons de parler. Ce sont les mêmes hommes (notamment le président Wilson, House et consorts) qui ont abattu presque en même temps la maison de Habsbourg et celle des Romanov. Dans le recueil intitulé : Papers Relating to the Foreign Relations of the United States 1918 : – Russia (Documents relatifs aux Affaires Etrangères des Etats-Unis – 1918 – Russie, t. 1, p. 7, publié par le gouvernement américain en 1931), on trouve un télégramme caractéristique adressé par l’Ambassadeur des Etats-Unis en Russie au Secrétaire d’Etat à Washington (J. BORDIOT, op. cit., p. 120). Il est ainsi rédigé : « Dossier n° 861.00/288 L’Ambassadeur en Russie (Francis) au Secrétaire d’Etat (télégramme) Pétrograd, le 19 mars 1917, à 8 p.m. reçu le 20 mars à 6 p.m. « 1110. L’ordre règne toujours. Des dispositions sont prises actuellement pour empêcher toute prétention au trône comme celle du Grand Duc Michaël, représentant la succession héréditaire après l’abdication du Tsar et du Tsarévitch et rendre nulle toute prétention visant à préserver la succession impériale jusqu’à la décision populaire. « Etant donné que le Gouvernement Provisoire avait un besoin urgent de fonds, l’Angleterre a financé la Russie et probablement continuera de le faire jusqu’à la reconnaissance du gouvernement par tous les alliés. Une aide urgente serait très opportune et hautement appréciée. Une aide financière venant maintenant d’Amérique serait un coup de maître. Extrêmement important pour les Juifs que cette révolution réussisse. Si les Juifs font de telles avances, néanmoins une grande discrétion devra être observée, la révolution entrant dans une phase qui pourrait réveiller l’opposition des antisémites qui sont nombreux ici. Francis ». Or, ce même 19 mars, Jacob Schiff envoyait à Milioukov, ministre des Affaires Etrangères du gouvernement provisoire russe, le télégramme suivant : « Permettez-moi, en qualité d’ennemi irréconciliable de l’autocratie tyrannique qui poursuivait sans répit nos coreligionnaires, de féliciter par votre entremise le peuple russe de l’action qu’il vient d’accomplir si brillamment et de souhaiter plein succès à vos camarades du gouvernement et à vous-même ». Mais, nous l’avons dit, il existe une justice immanente2. Ce sont des Juifs marxistes, avec l’appui de banques juives internationales, qui ont fait la Révolution russe ou qui y ont contribué pour une bonne part ; et ce sont maintenant (1985) leurs descendants que l’on persécute en Russie soviétique. « Les parents ont mangé des raisins verts et les dents des enfants en ont été agacées ». (Proverbe juif). 1 – Il y a souvent une justice immanente dans l’histoire. Le gouvernement allemand, à l’époque, n’imaginait pas qu’il aidait à forger une puissance qui, vingt-cinq ans plus tard, amputerait l’Allemagne de la moitié de son territoire. 2 – Voir l’article du Figaro-Magazine, 16 février 1985, « L’inquiétante remontée de l’antisémitisme en URSS ». Déjà Staline avait fait fusiller tous les premiers révolutionnaires dont la plupart étaient juifs (Kameniev, Zinoviev, etc.). Trotsky fut assassiné au Mexique par un agent soviétique. Extrait de : Le Plan de domination mondiale de la contre-église : L’Apostasie des nations et le gouvernement mondial par monsieur Hubert Le Caron (1985).

Le Mondialisme et ses troupes (2ème partie) - H. Le Caron

Nous entrons là, nous l’avons dit, dans un domaine où les preuves sont rares et où il nous faut nous contenter d’indices.

Cependant, quand un homme comme M. Jacques Bordiot (Une main cachée dirige. La Librairie Française) déclare, après des années d’études, qu’il est parvenu à la conclusion qu’ « un petit nombre d’ « initiés » appartenant à la plus haute Finance internationale poursuit actuellement le vieux rêve messianique d’un Empire Universel sous l’autorité d’une oligarchie apatride », cette affirmation, étayée par une quantité de renseignements, mérite d’être prise en considération.

Il ne s’agit pas de la Folle de Chaillot, de Giraudoux, faisant disparaître par une trappe située dans sa cave les financiers qui mènent le monde.

Toutefois bien des gens contestent l’existence d’un courant mondialiste occidental. Un Père, ancien expert au Concile que je consulte fréquemment, m’écrit à ce sujet :
« L’hypothèse que bâtit Monsieur Bordiot sur un mondialisme occidental ayant la même origine, le même but antichrétien que le mondialisme soviétique, me paraît une telle énormité que je ne veux pas perdre une minute à la discuter. Allez donc dire à n’importe quel Américain que sa grande patrie est animée par la même volonté matérialiste athée que les Soviets pour préparer la venue de l’Antéchrist, cet Américain sera saisi de stupéfaction ou d’indignation ; à moins que, devant l’absurdité du propos, il ne hausse les épaules ».
Je pense à présent, après avoir été très circonspect sur cette question, que la réaction de ce Père est excessive et trop catégorique.

Il est certain que l’Américain moyen et l’Anglais moyen ne peuvent imaginer ce que complote un petit nombre d’initiés ; mais cela ne signifie pas que le complot n’existe pas. A la fin du XVIIIe siècle, les Français, pour la plupart, n’imaginaient pas que les sectes maçonniques conduiraient la France à un changement de régime et à l’assassinat du Roi. Et pourtant ces sectes les y ont conduits.

Personnellement je crois qu’il existe en Occident des forces dont l’objectif est voisin de celui des Soviets. Ces forces issues du Rosicrucisme et du messianisme juif cherchent à établir un gouvernement mondial qui régnera sur un monde qui aura apostasié. Avant le règne de l’Antéchrist, il faudra avoir détruit l’homme libre fait à l’image de Dieu ; l’ordre chrétien qui protège la créature humaine et qui lui permet de s’épanouir ; le capitalisme dans le bon sens du terme, c’est-à-dire la propriété privée, la petite entreprise privée qui permettent à l’homme d’échapper à l’emprise de l’Etat. Enfin il faudra détruire ou neutraliser complètement l’Église, qui a toujours constitué le plus grand obstacle au règne du Dragon(1).

Je vais essayer dans cet article d’attirer l’attention du lecteur sur des points qui sont pour le moins surprenants.

Les déclarations d’hommes bien informés qui révèlent une intention mondialiste

Disraeli, Vénitien d’origine juive et homme d’Etat anglais, reconnaissait que
« les gouvernements de ce siècle n’ont pas affaire seulement aux gouvernements, aux empereurs, aux rois et aux ministres, mais encore aux sociétés secrètes… qui jusqu’au dernier moment peuvent mettre à néant tous les arrangements, qui ont des agents partout, des agents sans scrupule qui poussent à l’assassinat et peuvent, s’il le faut, amener un massacre (20 septembre 1876) (Pour qu’Il Règne, p. 242).
Donoso-Cortès, publiciste, homme politique et diplomate espagnol (1809-1853), dont l’action en Espagne a été considérable, écrivait en son temps :
« Vous vous effrayez de la tyrannie dont nous souffrons ? Vous vous effrayez de peu. Vous verrez bien autre chose… Le monde marche à grands pas à la constitution d’un despotisme, le plus terrible et le plus gigantesque que les hommes aient jamais vu » (Op. cit., p. 503).
Walter Rathenau, industriel et homme d’Etat allemand (1867-1922), ministre des Affaires Etrangères en février 1922, assassiné le 24 juin suivant, avait déclaré :
« Trois cents hommes, dont chacun connaît tous les autres, gouvernent les destinées du Continent européen et choisissent leurs successeurs dans leur entourage » (Wiener Freie Presse, 24 décembre 1912).
Paul Warburg, le sénateur américain (appartenant à la famille Warburg associée à la famille Schiff) déclarait en 1950 au Sénat américain :
« Qu’on le veuille ou non, nous aurons le gouvernement mondial. La seule question qui se pose est de savoir si le gouvernement mondial sera établi par consentement ou par conquête ».
Le Président Eisenhower, dans un discours à l’ONU du 22 septembre 1960, annonçait :
« Nous envisageons une unique communauté mondiale… Ainsi voyons-nous notre but non comme un super-Etat au-dessus des nations, mais comme une communauté mondiale les embrassant toutes ».
Le prince Bernhardt des Pays-Bas, qui dirigeait le « Bilderberg Group » jusqu’au moment où il en fut écarté par le scandale Lockheed (c’est à lui que De Gaulle fit une visite éclair lorsque l’OAS menaçait de prendre le pouvoir en France ), suggérait dans une interview donnée au Nieuwe Rotterdamsche Courant, le 2 novembre 1971 :
– de museler le contrôle parlementaire par les pleins pouvoirs permanents, dont l’exercice serait soumis au contrôle des élus du peuple tous les deux ans seulement et sur un simple rapport établi par le gouvernement lui-même ;
– dans un deuxième temps, d’instituer une monarchie héréditaire régnant sur l’Europe unie, soumise tous les deux ans, toujours sur simple rapport, au contrôle d’une sorte d’ONU (laquelle aurait été facile à neutraliser (voir l’article du Monde du 4 novembre 1971 publié sous le titre significatif : Un « Roi d’Europe »)

On pourrait donner d’autres citations émanant d’hommes qui ne sont pas des plaisantins et qui ne parlent pas pour ne rien dire.
Il existe certainement en Occident un courant qui s’est accentué depuis la dernière guerre et qui va dans le sens du mondialisme, même si les tenants de ce « mondialisme » ne sont pas forcément d’accord sur les objectifs à atteindre.
Le 8 septembre 1958, dans le Palais de Versailles, fut signée par trente-huit pays la charte dite de Versailles, dans le but de préparer l’instauration d’un gouvernement mondial. Il était précisé dans cette charte :
« Les peuples, parlements et gouvernements du monde doivent décider l’établissement d’une autorité mondiale chargée de la responsabilité du maintien de la paix.
L’autorité mondiale doit détenir les pouvoirs nécessaires et les moyens pour accomplir cette tâche… »
Et les signataires demandent aux gouvernements et parlementaires de réunir une conférence mondiale pour étudier comment créer :
a) un parlement mondial pour établir des lois mondiales en vue d’assurer et de maintenir une paix durable,
b) un pouvoir exécutif pour appliquer ces lois,
c) des Cours Internationales de Justice ayant pouvoir de juridiction pour tous les conflits concernant ces lois mondiales,
d) une force de police mondiale chargée de faire respecter ces lois universelles… et de rendre ainsi possible le désarmement universel, simultané et total de toutes les nations ».
Les grands organismes internationaux comme l’ONU, qui a succédé à la Société des Nations, l’UNESCO, l’OMS, acheminent vers ce super Etat, « Gouvernement Mondial », dont nous savons qu’il est l’ambition suprême des sectes et de la Révolution universelle.
Lorsque le pape Paul VI faisait, le 4 octobre 1965, les déclarations suivantes devant l’ONU, il était aveuglé par son esprit démocratique et il se trompait :
« Nous présentons notre salut cordial et déférent. C’est en ami que nous nous présentons à vous.
En plus de notre hommage personnel, nous vous apportons celui du second Concile Œcuménique du Vatican…
Nous avons conscience de vivre l’instant privilégié – si bref soit-il – où s’accomplit un vœu que nous portons dans le cœur depuis près de vingt siècles (C’est de l’Église qu’il parle).
Notre message veut être tout d’abord une ratification morale et solennelle de cette institution… C’est comme « Expert en humanité » que nous apportons à cette organisation le suffrage de nos derniers prédécesseurs (Pie XI et Pie XII n’auraient sans doute pas ratifié cette affirmation de Paul VI), convaincu comme nous le sommes que cette organisation représente le chemin obligé de la Civilisation moderne et de la Paix mondiale…
Les peuples se tournent vers les Nations Unies comme vers l’ultime espoir de la Concorde et de la Paix.
Vous êtes un pont entre les peuples… on ne peut rien concevoir de plus élevé sur le plan naturel, dans la Construction idéologique de l’Humanité.
Qui ne voit la nécessité d’arriver ainsi progressivement d instaurer une autorité mondiale en mesure d’agir efficacement sur le plan juridique et politique ? »
Paroles effrayantes dans la bouche d’un pape ! Alors qu’on sait que l’ONU, l’UNESCO, l’OMS sont des institutions maçonniques dont l’esprit n’est pas celui du Christ, mais celui de Coménius (Comenius, Jean Amos, nom latinisé de Komensky, 1592-1670. Tchèque affilié à la secte des Frères Moraves. Auteur d’ouvrages célèbres).
Julian Huxley, premier directeur de l’UNESCO, nous faisait connaître le véritable esprit de l’institution lorsqu’il écrivait :
« Nous n’avons plus besoin de recourir à une révélation théologique ou à un absolu métaphysique ; Freud et Darwin(2) suffisent, à eux deux, à nous donner notre vision philosophique du monde » (Pour qu’Il règne, p. 248).
1 – D’où la nécessité de briser cette arme puissante qu’est la Sainte Messe (la liturgie) et de contester le rôle de Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Eglise. Dans le songe célèbre de Dom Bosco, dit Songe des deux Colonnes, le navire papal attaqué de toutes parts vient finalement se fixer à deux colonnes dont l’une est surmontée par l’Eucharistie et l’autre par Notre Dame, Secours des Chrétiens.

2 – A ce sujet lire Le mensonge de l’évolutionnisme et de l’idéologie du genre et Jésus parle de la théorie de l’évolution.

Extrait de : Le Plan de domination mondiale de la contre-église : L’Apostasie des nations et le gouvernement mondial par monsieur Hubert Le Caron (1985).

Le Mondialisme et ses troupes - H. Le Caron

Le mondialisme est une nécessité logique dans le plan du démon. C’est pourquoi j’y crois, bien qu’il soit encore loin d’être réalisé. II y a cependant une accélération de l’histoire, due aux progrès de la science (les distances, notamment, ne comptent plus), qui pourrait nous y mener plus vite que nous ne l’imaginons.

Le fait qu’il se dessine dans les grandes organisations internationales et que les hommes les plus puissants du monde en parlent constitue un phénomène inquiétant.

Mais nous entrons là dans un domaine où, il faut le reconnaître, les preuves formelles sont très difficiles à obtenir. Un historien peut étudier des documents, consulter des mémoires, examiner des correspondances qui lui permettront de saisir le sens de certains événements et d’analyser les traits de caractère des personnalités qui y ont été mêlées ; mais allez donc essayer d’obtenir des preuves écrites sur les desseins des hauts initiés des sectes internationales que d’ailleurs le secret de leur secte protège.

C’est pour ces raisons que, ayant une profession juridique qui exige des preuves formelles, j’ai longtemps été rebuté par ces questions.
A présent je pense que, faute de preuves, il faut savoir se contenter d’indices. Lorsque les indices sont nombreux et concordants, il existe de fortes chances de se trouver dans la bonne voie.

Le mondialisme soviétique n’est pas secret et ce système politique, économique et social, présente tous les caractères antéchristiques qui caractérisent un Etat révolutionnaire très avancé.
Sur la volonté des Soviets d’étendre leur domination au monde entier, les témoignages abondent.
Boris Bajanov, par exemple qui, en 1923, à l’âge de 23 ans, devint secrétaire du Politburo (qui était le vrai gouvernement de l’URSS) et l’adjoint de Staline, a écrit et déclaré dans des interviews, après avoir choisi la liberté(1) :
« Il y a eu une rupture absolue entre la Russie tsariste et la Russie communiste. A la fin du XIXe siècle, l’idéologie des dirigeants russes était, comme dans la plupart des pays occidentaux, une idéologie nationaliste. Alors, précise-t-il, l’Empire russe ne cherchait pas la domination mondiale. Avec le communisme c’est tout à fait différent. Il vise, lui, à la révolution mondiale ».
« Ce n’est pas le peuple russe qui est conquérant, affirme-t-il ; ce serait une erreur extrêmement grave de le penser. Ce n’est pas contre lui, mais avec lui et pour le libérer, qu’il faut lutter contre le communisme » (Soljénitsyne insiste sans cesse sur ce point : il ne faut pas confondre le communisme avec le peuple russe qui est sa victime).
Boris Bajanov estime « que les Occidentaux n’ont jamais eu qu’une compréhension très limitée de la réalité soviétique. Au commencement ils ont pensé que c’était une expérience intéressante qu’il fallait voir évoluer. Ensuite, ils ont nié ou gommé les aspects négatifs du système. Aujourd’hui, ils n’ont toujours pas compris l’essentiel… Pour les Soviétiques, il n’y qu’un seul but qui compte : c’est la révolution mondiale. Et pour y parvenir tous les moyens sont bons. Les Occidentaux ont donné à l’URSS toute son infrastructure technologique et industrielle. Ils se sont conduits de façon parfaitement suicidaire ».
Après avoir démontré que les Soviets, grâce à l’Occident, ont tiré un bénéfice extraordinaire de la seconde guerre mondiale, il précise :
« On veut faire croire aujourd’hui que cette guerre a été une grande croisade des démocraties. C’est tout à fait faux. Cette guerre idiote et criminelle a permis à l’Union soviétique, qui était alors menacée, de survivre et de devenir une grande puissance. Des crétins politiques comme Roosevelt et Churchill ont livré au goulag soviétique des centaines de milliers d’hommes. Ces hommes sont les plus grands criminels de l’histoire. Or, ils passent aujourd’hui pour des héros ».
Boris Bajanov ajoute qu’ « on arrête le communisme par la force et par la volonté, jamais en capitulant ».
Il estime que « l’une des conséquences de la décadence de l’Occident tient à la nature des régimes politiques qui s’y trouvent. Ce sont des régimes démocratiques. Or la démocratie qui est devenue aujourd’hui une sorte de religion, inculquée par la gauche d’ailleurs (c’est nous qui soulignons), est une forme malsaine de gouvernement qui ne permet pas à l’Occident de se défendre. Basée sur le suffrage universel, elle conduit à confier le pouvoir à des démagogues et à des charlatans incompétents qui ne se préoccupent que de tromper les foules versatiles… Pour ma part, je pense que c’est faire injure à l’intelligence humaine que de la supposer incapable de trouver un régime qui ne soit ni la démocratie ni la dictature ».
Boris Bajanov précise que « ce sont surtout les socialistes étrangers qui font cette erreur de croire que ce n’est pas le socialisme qui est au pouvoir en Russie. Ils ont tort. En Russie, c’est le socialisme qui est construit. Ce qui se passe en Russie et que certains socialistes contestent, est l’aboutissement logique, inévitable, de l’application de la doctrine marxiste ».
Il faut noter que dans Quadragesimo anno (1931) le Pape Pie XI, en se plaçant sur un autre plan, parvenait à la même conclusion. Il affirmait :
« Le socialisme qui a pour père le libéralisme et pour héritier le bolchevisme… est incompatible avec la foi chrétienne ».
Nous avons cité de longs extraits de Boris Bajanov parce qu’il nous paraît avoir été un personnage spécialement bien informé et très lucide ; mais on pourrait multiplier les témoignages.
Il suffit d’ailleurs, si l’on n’est pas aveugle, de considérer l’expansion incroyable du communisme à travers le monde, depuis la fin de la dernière guerre, pour être convaincu de sa volonté de domination mondiale. L’URSS n’aurait d’ailleurs pas forgé une machine de guerre aussi formidable si elle n’avait pas l’intention de s’en servir.

Le communisme, qui est une application de la doctrine marxiste (sans lui, la philosophie marxiste serait demeurée dans les cartons des doctrines philosophiques élaborées par l’humanité – épicurisme, stoïcisme, etc.), présente tous les caractères d’un mouvement antichristique. On pourrait écrire des chapitres sur la question.

– D’abord son caractère antireligieux. Les communistes ont la haine de Dieu. Le satanique Lénine dont on honore, sur la Place Rouge, la momie comme une idole, et qui est le fondateur de ce système démoniaque, écrivait :
« Des millions d’ordures, de souillures, de violences, de maladies, de contagions, sont bien moins redoutables que la plus subtile, la plus épurée, la plus invisible idée de Dieu… Dieu est l’ennemi personnel de la société communiste ».
Un homme génial comme Dostoïevski, qui est mort avant la prise du pouvoir par Lénine en Russie, avait compris ce qu’était l’« essence » du socialisme. Il écrivait dans Les Frères Karamazov :
« Le socialisme, ce n’est pas seulement la question ouvrière, ou celle du quatrième état, c’est avant tout la question de l’athéisme, de son incarnation contemporaine, c’est la question de la Tour de Babel qui se construit sans Dieu, non pour atteindre les cieux depuis la terre, mais pour abaisser les cieux jusqu’à la terre ».
Dans un article remarquable publié dans le Courrier de Rome (n° 175), M. le Professeur Marcel de Corte exposait comment le marxisme était « la contrefaçon intrinsèquement perverse, diabolique, de la Rédemption des pauvres ».

Et Paul Thorez, fils de Maurice Thorez et de Jeannette Vermeersch, qui a été élevé en Russie, avec les autres enfants du sérail communiste, déclarait dans une interview qu’il a donnée à Paris-Match, lors de la sortie de son livre (Les enfants modèles, Editions Lieu Commun) :
« Quitter le parti, c’est comme sortir de religion, parce que c’est une religion. Sans Dieu, mais avec sa liturgie : les meetings, les réunions de cellule, les rapports… C’est comme la messe. C’est une communion au sens religieux du terme. En URSS, c’est ritualisé au maximum. Les congrès du parti ne sont pas des congrès où l’on discute politique, réformes. Pas du tout, c’est un culte que l’on célèbre. Avec la momie de Lénine qu’on adore… On n’arrive toujours pas à s’expliquer et on se trouve devant le P.C. comme devant le succès de la secte Moon. Pourquoi ? Pourquoi dans un pays démocratique comme la France y a-t-il encore des millions de gens fascinés par le Communisme ? »
M. Paul Thorez, qui n’a certainement pas reçu une formation doctrinale catholique, constate ce phénomène mais ne parvient pas à l’expliquer. Il est explicable cependant. La Contre-Église communiste étant une contrefaçon, par le singe de Dieu, de la sainte Église, il est compréhensible qu’elle ait ses processions, ses cantiques, ses images pieuses qui sont les portraits de ses fondateurs (Marx et Lénine). Il est compréhensible qu’elle ait ses retraites, ses récollections au cours desquelles le communiste reçoit l’enseignement de sa doctrine et médite ; et aussi ses extraordinaires séances d’autocritique au cours desquelles les communistes confessent leurs péchés.

L’Église a un Pape blanc qui réside à Rome ; pourquoi la Contre-Église n’aurait-elle pas un Pape rouge qui réside au Kremlin ?
Mais l’aspect le plus démoniaque dans le communisme intrinsèquement pervers (Pie XI), c’est surtout sa volonté de dépersonnaliser la créature humaine en lui substituant un être collectif et de tuer en l’homme l’image de Dieu.
La révolution communiste est une volonté continue de modifier la nature de la créature faite à l’image de Dieu, en la remodelant sans cesse, afin de réaliser la Contre-Création sur laquelle Lucifer pourra enfin régner.
Mais, malgré la pression colossale d’un régime policier qui prive l’homme de toutes ses libertés, le faisant dépendre entièrement de l’Etat pour sa subsistance (notamment par la suppression de la propriété privée), le communisme stalinien, non plus que celui de Mao Tsé-toung, n’est parvenu à réaliser cet objectif. Il existe dans la nature profonde de l’homme une force qui lui permet de résister aux assauts extérieurs de ceux qui tentent de détruire son âme. On peut détruire le corps, mais on ne détruit pas l’âme par la violence. On n’y parvient que par la séduction (laquelle nécessite le consentement de la victime : le péché d’Eve). La résistance actuelle des chrétiens en URSS et dans les pays satellites en est un exemple vivant. Soljenitsyne, qui est un génie de la classe de Dostoïevski, écrivait récemment que l’on ne parvient pas à modifier la nature humaine dans ce qu’elle a de plus profond.
Dieu permet au démon d’éprouver ses créatures, mais II ne lui permet pas de dépasser certaines limites.
Nous venons de faire allusion à la séduction. Les raisons pour lesquelles on peut penser que le communisme, malgré sa perversité, n’est qu’une préfiguration antéchristique sont d’une part qu’il ne domine encore qu’une partie de la terre (or la domination de l’Antéchrist sera universelle) et qu’à présent il ne séduit plus personne en Russie et dans ses pays satellites. Il ne se maintient que par la force. L’Antéchrist, quand il se manifestera, aura une séduction autrement attractive puisque, d’après l’Ecriture, il sera capable de séduire les élus eux-mêmes. Ce sera le Grand Séducteur. Comme l’a prophétisé saint Paul, il faudra avoir « le bouclier de la foi » et « revêtir l’armure de Dieu » pour ne pas succomber à ses charmes.
André Malraux a dit que le siècle prochain serait un siècle religieux. Il n’évoquait certainement pas un retour au Christianisme. Religion ne signifie pas forcément le culte rendu au Dieu des chrétiens. Certaines loges lucifériennes rendent depuis longtemps un culte à l’ange déchu considéré comme le Dieu bon, lequel égale en puissance le Dieu mauvais qui est celui de la Bible. Albert Pike, Grand-Maître de la Franc-Maçonnerie luciférienne internationale, a écrit (Morals and Dogma) :
« Le Dieu de l’Ancien Testament et de Moïse est ravalé au niveau des passions humaines… C’est une divinité violente, jalouse, vindicative autant qu’ondoyante et irrésolue ; elle commande des actes odieux et révoltants de cruauté et de barbarie… » (enseignement gnostique).
Oswald Wirth, le fondateur du Symbolisme maçonnique, dont le successeur est le Frère Marius Lepage (qui a reçu le Père Riquet à la Loge Volney), écrit :
« Le serpent inspirateur de désobéissance, d’insubordination et de révolte fut maudit par les anciens théocrates alors qu’il était en honneur parmi les initiés. Rendre semblable à la divinité, tel était l’objet des anciens mystères. De nos jours, le programme n’a pas changé» (Le Livre du Compagnon, p. 27. Le vieux serpent de la Genèse avait dit à Eve : « Si vous mangez de ce fruit, vous serez comme des dieux ») (enseignement gnostique).
Domenico Margiotta, ancien haut dignitaire de la Maçonnerie, converti au christianisme a écrit : « Le Secret des secrets de la haute Maçonnerie est la déification de Satan dissimulé sous le titre de Grand Architecte de l’Univers » (Le Palladisme, p. 104 et suite).

Il est bien possible que ce soit là le Secret fondamental révélé à une élite, qu’il ne faut pas confondre avec les secrets révélés progressivement aux Frères lorsqu’ils gravissent les divers échelons de la Maçonnerie (l’initiation est progressive).

Le domaine de la démonologie est très mal connu des catholiques, et ce ne sont pas nos prêtres actuels – lesquels ne croient plus au démon – qui attireront leur attention sur « ces puissances qui empoisonnent et dirigent le monde actuellement »(2).

1 – Souvenirs L’Air du Temps, Gallimard. Interview donné à Histoire magazine (n° 1, février-mars 1980). Interview au Figaro Magazine (février 1982).

2 – Il existe cependant des spécialistes. L’avocat Maurice Garçon, maintenant décédé, connaissait très bien toutes ces questions et possédait une bibliothèque s’y rapportant. Lire l’ouvrage de Jean Vaquié : Abrégé de Démonologie.

Extrait de : Le Plan de domination mondiale de la contre-église : L’Apostasie des nations et le gouvernement mondial par monsieur Hubert Le Caron (1985).

L'assaut contre l'église catholique, l'attaque au sein même de l'Eglise - H. Le Caron

L’attaque au sein même de l’Église (2ème partie)

Nous ne nous étendrons pas sur cette question qui a été traitée par les meilleurs auteurs.

Il s’agit d’un même courant de pensée que saint Pie X a dénoncé en quelques mots : « Le souffle de la Révolution a passé par là… »

En enseignant que « la Révolution donna au Catholicisme une seconde naissance », Lamennais faisait pénétrer dans l’Église ce virus qui devait corrompre les générations suivantes, de Marc Sangnier jusqu’aux théologiens de Vatican II, les Congar, Cardonnel, Hans Kung, Karl Rahner, Schillebeeckx et autres.

Il s’agit toujours du même courant, de la même hérésie, sans cesse renaissante et inlassablement condamnée. Lamennais et l’Avenir, ont été condamnés par Grégoire XVI dès 1831 ; les catholiques libéraux l’ont été par Pie IX ; l’américanisme par Léon XIII ; le modernisme et le Sillon de Marc Sangnier par saint Pie X ; le modernisme juridique et social par Pie XI. Il suffit de relire les textes de ces condamnations, même seulement l’encyclique Pascendi, pour comprendre quelle est l’essence de cette hérésie et où elle conduit. Malheureusement pour la sainte Église, elle a triomphé en partie au moment du Concile Vatican II. Les conséquences détestables que dénonce actuellement le Cardinal Ratzinger (1985) étaient déjà en germe dans ce concile.

Le Cardinal Billot a défini en quelques lignes, à propos du Sillon, la source du mal :
« Le christianisme du Sillon est toujours fonction de son démocratisme et ce démocratisme chrétien est une déformation dans l’idéologie révolutionnaire ».
Il s’agit là d’une confusion entre le plan surnaturel et le plan naturel, d’une confusion entre la vertu de charité, vertu théologale qui accompagne la grâce sanctifiante, et la qualité humanitaire de bienfaisance qui existe sur le plan de la nature dans tout homme doué de raison.

Si vous retirez à Jésus-Christ sa dimension surnaturelle, si vous faites abstraction de l’amour de Dieu, vous pouvez facilement, sur le plan de la vie naturelle, le transformer en un libérateur révolutionnaire précurseur de Fidel Castro et de Che Guevara. Toute la théologie dite de la Libération, qui inquiète à juste titre le Saint Siège, découle de cette confusion, comme en découle d’ailleurs la religion sociale que le progressisme triomphant cherche à nous imposer. On retrouve là le même péché de Satan qui, « contre l’étendard de la grâce, leva le drapeau de la nature » (texte du Cardinal Pie cité au début de cette étude).

« Évangile interprété à leur manière… un Christ défiguré et diminué », précisait saint Pie X en s’élevant contre ces rapprochements blasphématoires.

Et, du haut de la chaire de Notre-Dame de Paris, le 13 juillet 1937, le Cardinal Pacelli, futur Pie XII, mettait en garde le peuple chrétien contre cette hérésie que Jean-Paul II dénonce à présent sous le nom de Théologie de la Libération.

« Vigilate !… Ce n’est pas seulement aux seuls insouciants que cet appel s’adresse. Il s’adresse aussi à ces esprits ardents, à ces cœurs généreux et sincères, mais dont le zèle ne s’éclaire pas aux lumières de la prudence et de la sagesse chrétienne. Dans l’impétueuse fougue de leurs préoccupations sociales, ils risquent de méconnaître les frontières au-delà desquelles la vérité cède à l’erreur, le zèle devient fanatisme et la réforme opportune passe à la révolution… Malheur à qui prétendrait faire pactiser la justice et l’iniquité, concilier les ténèbres avec la lumière ! »

C’est à juste titre que saint Pie X a appelé le modernisme « l’égout collecteur de toutes les hérésies ». Comme il l’a dit dans Pascendi, le modernisme ne diffère guère de la libre pensée absolue que par sa prétention de demeurer catholique. Il a réellement tout nié, sauf le petit sentiment obscur, l’aspiration vers l’idéal qu’il continue de nommer religion. Tout ce que nous avons constaté dans ce qu’on nomme l’Après-Concile : la destruction de la liturgie, les falsifications du catéchisme, la variation substantielle des dogmes, étaient en germe dans le modernisme dénoncé par Pascendi. Elles sont l’œuvre de « ces ennemis de l’Église qui n’en a pas de pires », déclarait ce saint Pape. « Ce n’est pas du dehors, en effet, mais du dedans qu’ils trament sa ruine ; le danger (et on l’a vu depuis) est aujourd’hui presque aux entrailles et aux veines de l’Église : leurs coups sont d’autant plus sûrs qu’ils savent mieux où la frapper… »

Mais ne nous écartons pas de notre sujet. Cette tentative de corruption interne de l’Église Catholique qui doit entraîner l’apostasie des nations avant le règne de l’Antéchrist a été voulue et préparée de longue date par la Secte.

L’Église, dans l’optique des ennemis de Dieu, cessera de présenter un danger quand elle aura renoncé à sa mission qui est d’enseigner les vérités révélées, quand elle aura renié ses dogmes, quand elle ne prétendra plus être seule « maîtresse de vérité ». Elle pourra alors se fondre dans un ensemble de religions humanitaires qui rendront un culte à l’homme déifié avant de le rendre à l’Antéchrist lui-même.

Pour bien le comprendre, il faut relire les textes des démoniaques du dix-neuvième siècle et du début du vingtième siècle, comme Saint-Yves d’Alveydre, l’ex-abbé Roca, Stanislas de Guaîta, Papus (le docteur Encausse), Oswald Wirth, Péladan et autres. Ces gens avaient certainement des lumières qu’on obtient, je pense, au cours des hautes initiations.

L’ex-abbé Roca annonçait l’anarchie liturgique au nom d’un retour au Christianisme. Il précisait :

« Je crois que le culte divin tel que le règlent la liturgie, le cérémonial, le rituel et les préceptes de l’Église romaine, subira prochainement dans un Concile œcuménique une transformation qui, tout en lui rendant la vénérable simplicité de l’âge d’or apostolique, le mettra en harmonie avec l’état de la conscience et de la civilisation modernes » (L’Abbé Gabriel et sa fiancée).

Il disait encore :
« Une immolation se prépare qui expiera solennellement… La Papauté succombera. Elle mourra sous le couteau sacré que forgeront les Pères du dernier Concile. Le César papal est l’hostie couronnée pour le sacrifice » (Glorieux centenaire).
« Ce que veut bâtir la chrétienté… c’est un culte universel où tous les cultes seront englobés » (Fin de l’ancien monde, p. 373).
Roca annonce :
« Il y aura une religion nouvelle ; il y aura un dogme nouveau, un rituel nouveau, un sacerdoce nouveau dont le rapport avec l’Église qui tombe sera exactement ce que fut le rapport de l’Église catholique avec l’Église mosaïque, sa défunte mère » (Fin de l’ancien monde, p. 373)
Roca désignait les nouveaux prêtres sous le nom de progressistes (Glorieux centenaire, p. 447), préconisait la suppression de la soutane, ainsi que le mariage des prêtres (Le Christ, le Pape et la Démocratie, pp. 103, 105 et 107). Il annonçait aussi les syndicats de prêtres (Glorieux centenaire, p. 452).

Pour Roca, devait ressortir « une chose qui fera la stupéfaction du monde et qui jettera le monde à genoux devant son Rédempteur. Cette Chose sera la démonstration de l’accord parfait entre l’idéalité de la civilisation moderne et l’idéalité du Christ et de son Evangile. Ce sera la Consécration du nouvel ordre social et le baptême solennel de la civilisation moderne » (Roca, opus cit., p. 282).

L’œcuménisme mal compris qui est continuellement prôné par nos progressistes doit retenir spécialement notre attention. Il va dans le sens du syncrétisme religieux qui constitue le dessein majeur de la Contre-Église.

Il faudra bien entendu, dans cette optique, que l’Église catholique fasse des concessions doctrinales importantes aux autres religions si elle veut parvenir à une union. Parmi celles-là, il faudra sans doute minimiser le rôle de la Vierge Marie pour se concilier les protestants.

Or, précisément, nous autres Catholiques le savons : la Mère de Dieu est puissante comme une armée rangée en bataille et c’est elle qui doit écraser la tête du serpent.

L'assaut contre l'église catholique, forteresse spirituelle - H. Le Caron

La lutte engagée par le « mystère d’iniquité » contre les monarchies chrétiennes, glaives temporels de la Chrétienté, devait bien entendu s’accompagner d’une lutte sans merci contre l’Eglise catholique, corps mystique du Christ.
On doit cependant souligner une différence capitale. Seule la Sainte Eglise a reçu de Notre Seigneur des promesses d’Eternité et les promesses de celui-ci sont sans repentance. L’Eglise peut être attaquée, blessée ou martyrisée dans ses membres, elle ne périra jamais (mais cela, les ennemis de Dieu ne le croient pas).
L’offensive de la Contre-Eglise s’est exercée sur deux plans différents afin de réaliser l’apostasie générale des nations qui, d’après la prophétie de saint Paul, est la condition nécessaire au gouvernement mondial et au règne de l’antéchrist.
L’attaque s’est développée sur le terrain extérieur et aussi au sein même de l’Eglise.

Sur le terrain extérieur (1ère partie)

Sur ce plan-là, il semble qu’il y ait eu une certaine accalmie après les bouleversements sanglants de la Révolution et les guerres de l’Empire qui ont permis de répandre les idées révolutionnaires à travers toute l’Europe. Elle a duré jusqu’à l’année 1864, date fixée par la Très Sainte Vierge à la Salette (1846) comme étant celle « où Lucifer, avec un grand nombre de démons, seront détachés de l’enfer ; ils aboliront la foi peu à peu et même dans les personnes consacrées à Dieu » (il y a très peu de dates précises dans les messages de la Mère de Dieu). Or, la première Internationale, premier mouvement organisé dont le but était d’instaurer le communisme dans le monde, fut fondée par Karl Marx à Londres le 28 septembre 1864.
A la Salette, la Très Sainte Vierge avait annoncé aussi :
« Les gouvernements civils auront tous un même dessein, d’abolir et de faire disparaître tout principe religieux pour faire place au matérialisme, à l’athéisme, au spiritisme et à toutes sortes de vices».
Ce qui engendrera l’apostasie des nations.
Mais n’anticipons pas.
Napoléon I°’ qui était un ambitieux réaliste avait signé le 15 août 1801 un concordat qui reconnaissait que « la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de la grande majorité des Français ». Ce concordat a réglé les rapports entre l’Eglise et l’Etat pendant un peu plus d’un siècle (il fut rompu en 1905) et permit aux enfants de France d’être instruits dans toutes les écoles des vérités de la foi.
Le Concordat assura à la France cent années d’une relative stabilité. Le franc ne se dévalua pas d’un centime pendant cette période. Il est vrai que jusqu’à 1905 était frappé sur les louis d’or : « Dieu protège la France » (mots qui furent remplacés en 1905 par la formule « Liberté, Egalité, Fraternité »).
Mais les ennemis de Dieu attendaient leur heure. Crétineau-Joly a écrit :
« Dans la lutte maintenant engagée entre le despotisme sacerdotal ou monarchique et le principe de liberté, lisons-nous dans un document émané de la Secte à la date du 20 octobre 1821, il y a des conséquences qu’il faut subir, des principes qu’avant tout il importe de faire triompher. Un échec était dans les événements prévus ; nous ne devons pas nous en attrister plus que de mesure ; mais si cet échec ne décourage personne, il devra, dans un temps donné, nous faciliter les moyens pour attaquer le fanatisme (fanatisme au sens maçonnique signifie la religion et plus spécialement le catholicisme) avec plus de fruit… Nous ne pouvons plus marcher à l’ennemi avec l’audace de nos pères de 1793… mais avec le temps il nous sera permis peut-être d’atteindre le but qu’ils ont manqué… C’est d’insuccès en insuccès qu’on arrive à la victoire» (Tome II, page 18).
On ne peut multiplier les citations dans une synthèse alors que les documents abondent. La difficulté est de faire un choix entre les textes.
On ne s’étonnera pas que la Restauration et le Second Empire ne soient pas revenus aux principes chrétiens de l’ancien régime si l’on examine l’entourage de ces monarques.
Fouché, Oratorien, apostat, régicide, devenu duc d’Otrante sous le premier Empire, fut ministre de la Police dans les débuts du règne de Louis XVIII. Talleyrand, ancien Evêque d’Autun, défroqué qui avait appartenu à la secte des Illuminés, après avoir « mangé à tous les râteliers », négocia le retour des Bourbons. Louis XVIII le nomma ministre des Affaires étrangères le 13 mai 1814, puis, après Waterloo, Président du Conseil.
Le duc Decazes, dont Louis Blanc a dit qu’il était un « Fouché amoindri » était Commandeur du Suprême Conseil du 33e degré de l’Ecossisme.
On ne peut s’étonner, dans ces conditions, que Thiers ait dit en 1873, dans un discours prononcé devant le Corps Législatif : « La Constitution de 1814 est sortie des entrailles mêmes de la Révolution ».
Avec Louis-Philippe, « le meilleur des hommes méchants, (Crétineau-Joly) qui se vantait d’être le dernier voltairien de son siècle, ce fut pire encore. Ce roi des Français, libéral, était entouré de francs-maçons : Decazes, La Fayette, Dupont de l’Eure, Talleyrand, Teste, etc. Un des premiers actes du gouvernement fut de placer le judaïsme au rang des communions chrétiennes. Contrairement à l’article VII de la Charte de 1830, les rabbins furent, dès l’année suivante, inscrits au budget (Pour qu’Il Règne, p. 235).
Après la chute de Louis-Philippe, la Révolution, n’ayant pu se maintenir sous la forme républicaine, eut de nouveau recours à l’Empire en la personne d’un Carbonaro1. Cela explique en partie la guerre que Napoléon III fit à l’Autriche pour promouvoir l’unité italienne (1859). L’attentat manqué d’Orsini (14 janvier 1858) constitua sans doute un rappel à l’ordre.
Le meilleur jugement sur cette période a été porté par le Cardinal Pie dans la réponse célèbre qu’il fit à Napoléon III :
« Ni la Restauration, ni vous, Sire, n’avez fait pour Dieu ce qu’il fallait faire, parce que ni l’un ni l’autre vous n’avez renié les principes de la Révolution dont vous combattez cependant les conséquences pratiques, parce que l’Évangile social dont s’inspire l’Etat est encore la Déclaration des Droits de l’Homme, laquelle n’est autre chose, Sire, que la négation formelle des Droits de Dieu».
Puis, dans ce même entretien, à propos du droit public qui, tout en reconnaissant que la religion catholique était celle de la majorité des Français, affirmait aussi que les autres cultes ont droit d une pareille protection, le grand Cardinal précisait :
« N’est-ce pas proclamer équivalemment que la Constitution protège pareillement la vérité et l’erreur ? Eh bien ! Sire, savez-vous ce que Jésus-Christ répond aux gouvernements qui se rendent coupables d’une telle contradiction ? Jésus-Christ, Roi du Ciel et de la terre, leur répond : « Et moi aussi, gouvernements qui vous succédez en vous renversant les uns les autres, moi aussi je vous accorde une égale protection. J’ai accordé cette protection à l’Empereur votre oncle ; j’ai accordé la même protection aux Bourbons, la même protection à Louis-Philippe, la même protection à la République ; et à vous aussi la même protection vous sera accordée » (le Second Empire s’écroula en 1870).
Ce fut aussi pendant cette période que prit naissance une classe d’hommes misérables que l’on a appelée le prolétariat. Ces pauvres gens, déracinés de nos campagnes, qui avaient cru trouver à la ville, dans les fabriques récemment créées, une situation meilleure, sont devenus les victimes des lois de la concurrence d’un capitalisme sauvage. La loi Le Chapelier (juin 1791), qui avait aboli les corporations de l’ancien régime, avait interdit aux ouvriers de se regrouper en syndicats ou autres groupements professionnels (les syndicats ne furent reconnus qu’en 1884). Ils allaient constituer très vite une proie pour les dirigeants socialistes et communistes. Le démon tire toujours sa force de l’injustice humaine. L’Eglise, qui n’était pas directement concernée par cette question (il appartenait au Pouvoir temporel de la régler), a pris conscience trop tardivement de sa gravité (l’Encyclique de Léon XIII, Rerum Novarum, date seulement du 15 mai 1891).
Mais nous arrivons au tournant de l’année 1864, indiquée par la Très Sainte Vierge à la Salette comme étant celle où Lucifer et les démons détachés de l’enfer prendraient de nouveau l’offensive pour détruire la foi dans le monde.
L’humanité a connu alors une série de guerres qui étaient une préfiguration des grands conflits qui l’endeuilleraient au siècle suivant : la guerre austro-prus­sienne (1866) ; la guerre franco-prussienne qui consacra l’hégémonie de l’Allemagne (1870). Aux Etats-Unis, la guerre de Sécession ne se termina qu’en 1865.
Les guerres de conquête, d’hégémonie, fondées sur des rivalités d’intérêts, ne sont jamais des guerres justes et constituent des châtiments pour les peuples. Elles favorisent, le plus souvent, l’expansion de la Révolution.
Le Cardinal Manning a écrit le 1er octobre 1877 (Archevêque de Westminster, 1808-1892, Pour qu’Il Règne, p. 242) :
« Ce ne sont ni les empereurs, ni les rois, ni les princes qui dirigent le cours des événements. Il y a quelque chose au-dessus d’eux et derrière eux, et ce quelque chose, plus puissant qu’eux tous, se fera sentir quand l’heure sera venue, le jour où toutes les armées de l’Europe seront engagées dans un immense conflit ; alors, ce jour-là, la Révolution qui jusqu’à présent travaille sous terre secrètement, aura trouvé l’heure favorable pour se montrer au grand jour».
Et effectivement, c’est en 1917, au milieu du premier conflit mondial, que le satanique Lénine a pris le pouvoir en Russie et créé un Etat communiste qui menaçait le monde.
Le déchaînement des forces sataniques a concerné toutes les parties du monde. C’est au cours de ces mêmes années (1864-1917) que l’« intelligentzia russe », avec l’épanouissement du populisme et l’éclosion du nihilisme, passa à l’action. De nombreux attentats terroristes eurent lieu contre le Tsar et contre ses ministres. Le 13 mars 1881, le Tsar Alexandre était assassiné au moment où il venait de donner son assentiment au projet d’instauration d’un régime représentatif.
Mais retournons à la France, fille aînée de l’Eglise, qui est une lumière pour le monde quand elle est fidèle à sa mission catholique ; et durement châtiée lorsqu’elle lui est infidèle (saint Remy).
Après le désastre de 1870, après la Commune, on comprend mal pour quelles raisons une chambre monarchiste n’a pu restaurer la monarchie en 12 personne de Monsieur le Comte de Chambord.
Ce prince avait été très bien formé et le pape Pie IX disait de lui : « Tout ce qu’il dit est bien dit ; tout ce qu’il fait est bien fait ».
Le Comte de Chambord proclamait devant son entourage :
« Pour que la France soit sauvée, il faut que Dieu y rentre en maître, pour que j’y puisse régner en Roi ! » (au comte de Mun, le 20 novembre 1878).
« On dit que l’indépendance de la Papauté m’est chère et que je suis résolu à lui obtenir d’efficaces garanties. On dit vrai. La liberté de l’Eglise est la première condition de la paix des esprits et de l’ordre dans le monde » (à M. de Carayon-Latour, le 8 mai 1871) et ailleurs :
« La Vérité nous sauvera, mais la Vérité tout entière. Oui, l’avenir est aux hommes de foi, mais à la condition d’être en même temps des hommes de courage ne craignant pas de dire en face à la révolution triomphante ce qu’elle est dans son essence, et à la contre-révolution ce qu’elle doit être dans son œuvre de réparation et d’apaisement ».
La pensée de ce prince était en opposition complète avec celle du Pouvoir occulte. La Franc-Maçonnerie aurait consenti, à contrecœur sans doute, à une restauration monarchique si cette monarchie n’avait pas été catholique ; mais elle ne pouvait accepter un régime fondé sur « Dieu premier servi » et qui aurait facilité la mission de l’Eglise.
Les monarchistes de l’Assemblée ne désiraient pas (du moins la plupart) que l’on revienne à ces anciens principes (parmi les monarchistes, il y avait les Orléanistes) et les républicains, en minorité, y étaient bien entendu totalement opposés.
Ils trouvèrent un allié en la personne du Prince de Bismarck, chancelier de Guillaume II, qui venait de triompher de la France. Bismarck était, en Allemagne, un des dirigeants de la Secte. Il eut des entretiens secrets avec Gambetta qui appartenait, lui aussi, à la Franc-Maçonnerie. Bismarck qui était le grand ennemi de la France, fit pression pour le maintien de la république dans notre pays. Il envoya les instructions suivantes à l’Ambassadeur d’Allemagne à Paris, le Comte d’Arnim (voir J. BAINVILLE, Bismarck et la France. « Correspondance du Comte d’Arnim et de Bismarck») :
« Nous devons enfin désirer le maintien de la république en France pour une dernière raison qui est majeure : la France monarchique était et sera toujours catholique, sa politique lui donnait une grande influence en Europe, en Orient et jusque dans l’Extrême-Orient. Un moyen de contrecarrer son influence au profit de la nôtre, c’est d’abaisser le catholicisme et la Papauté qui en est la tête. Si nous pouvons atteindre ce but, la France est à jamais annihilée. La monarchie nous entraverait dans cette tentative ; la république nous aidera.
« J’entreprends contre l’Eglise catholique une guerre qui sera longue et peut-être terrible… on m’accusera de persécution et j’y serai peut-être conduit ; mais il le faut pour achever d’abaisser la France et établir notre suprématie religieuse et diplomatique, comme notre suprématie militaire… »
Une fois le Comte de Chambord écarté, la démocratie laïque eut le champ libre pour poursuivre « le grand œuvre » entrepris en 1789.
Dans cette vaste société anonyme transposée sur le terrain politique que constitue la République démocratique, fondée sur le suffrage universel, ce ne sont pas les hommes placés sur le devant de la scène qui détiennent le Pouvoir véritable. Les vrais détenteurs du Pouvoir, ceux qui tirent les ficelles, vivent dans l’ombre, à l’arrière de la scène. On comprend pourquoi il s’agit d’un système idéal pour le Pouvoir Occulte, spécialement pour la Secte qui a des hommes à elle dans tous les partis, à gauche comme à droite.
Léon XIII avait voulu se rapprocher de la République pour obtenir une détente dans la guerre antireligieuse. Il y avait été poussé par son Secrétaire d’Etat, le Cardinal Rampolla, alors que l’on ignorait encore que ce dernier était franc-maçon – on ne l’apprit qu’après sa mort. Mais on peut affirmer, je crois, sans se tromper, que le ralliement de l’Eglise à la République démocratique et laïque (1892) fut une erreur. On dit que lorsqu’on soupe avec le diable, il faut se munir d’une grande cuiller. Dans ce cas précis, la cuiller était trop courte. Léon XIII reconnut, à la fin de sa vie, qu’il avait été dupé et déclara en 1902, parlant des républicains : « Puisqu’ils sont inconvertissables, il n’y a qu’à les renverser ». Et le 21 avril 1903 il ajoutait :
« La France reviendra aux traditions de Saint Louis ou elle périra dans la honte et la ruine ».
Saint Pie X, qui était d’une origine paysanne modeste, avait immédiatement compris, avec son regard d’aigle, ce qu’il en était de la République laïque.
En 1909, il disait à l’ancien ministre français, Emile Flourens :
« Croyez-moi, je connais vos Français ; ils sont naturellement catholiques et monarchistes. Ils le redeviendront tôt ou tard » (LA FRANQUERIE : Le caractère sacré et divin de la Royauté en France, p. 79).
Lors de son ordination, il déclarait à Dom de Saint Avit :
« Je ne conçois pas qu’un catholique français puisse être républicain » (LA FRANQUERIE, op. cit. Certains de ces catholiques républicains ont engendré le modernisme).
Ce que nul ne peut nier, ce qui est indubitable, c’est que la Troisième République a été une « grenouillère maçonnique », ennemie acharnée de l’Eglise.
Comme l’a noté Alexandre Zévaes (Histoire de six ans, N.R.C. Paris, p. 184).
« Sauf quelques rares exceptions, le plus grand nombre des hommes d’Etat, des militants, des journalistes de la 3e République appartiendront à la Franc-Maçonnerie : Gambetta, Jules Ferry, Etienne Arago, Floquet, Rochefort, Clemenceau, Méline, Sarrien, Henri Buisson, Alfred Naquet, Jules Claretie, Antonin Dubost, Fallières, Paul Bert, Eugène Pelletan, Camille Pelletan, Tony Révillon, Constans, Etienne, Félix Faure, Léon Bourgeois, Millerand, Gaston Doumergue, Paul Doumer, Henri Bérenger, Camille Chautemps, et parmi les socialistes Jules Vallès, Eugène Pottier (l’auteur de l’Internationale), Lissagaray, Marcel Sembat, René Viviani, Arthur Groussier, Chauvière, etc. ».
On comprend que Mgr Gouthe-Soulard, l’Archevêque d’Aix-en-Provence, ait pu s’écrier alors :
« Nous ne sommes pas en République, mais en Franc-Maçonnerie».
Toute cette clique ne devait pas tarder à passer à l’action.
Dès 1867 fut fondée par Jean Macé « la Ligue française de l’Enseignement » qui devait jouer un rôle fondamental dans la déchristianisation des enfants de France.
Puis ce fut la longue suite des lois scélérates dont l’objet était de chasser Jésus-Christ de la vie sociale des Français.
1879 — Exclusion du clergé des commissions administratives des hôpitaux et des bureaux de bienfaisance.
1880 — Suppression des aumôniers militaires. Suppression de l’enseignement religieux dans les examens.
1881 — Suppression de l’enseignement religieux dans les écoles maternelles.
1882 — Crucifix enlevé des écoles. Suppression des aumôniers de lycées. Enseignement religieux interdit aux écoles primaires.
1883 — Interdiction aux troupes de paraître en corps aux cérémonies religieuses.
1884 — Suppression des prières à la rentrée du Parlement. Suppression des aumôniers dans les hôpitaux et de l’immunité des clercs par rapport au service militaire.
1886 — Exclusion des Congréganistes de l’enseignement public. Organisation de l’école laïque.
De 1901 à 1904 — Dissolution et spoliation des ordres religieux. Suppression du crucifix dans les tribunaux. Suppression aux Congréganistes de tout, droit d’enseigner.
Le 9 décembre 1905 — Séparation de l’Eglise et de l’Etat.
1907 — Suppression des aumôniers de la marine et de la formule « Dieu protège la France » inscrite jusqu’alors sur les monnaies.
La Fédération Nationale Catholique a publié avant-guerre le tableau des vœux antireligieux émis par les convents annuels et celui de leur accomplissement par voie législative. Ces vœux des Loges maçonniques et leur réalisation au Parlement correspondent d’une manière si parfaite que le Frère G. Martin a pu à juste titre qualifier la Franc-Maçonnerie de « Comité consultatif de la République ».
J’ai rappelé ces événements que mes parents ont vécus avant la guerre de 1914 parce que, pour nos enfants, ce sont déjà des événements lointains.
Il faudrait leur rappeler aussi les « inventaires » auxquels l’autorité laïque procédait en se faisant accompagner de forces de police ou, pis encore, de forces militaires (beaucoup d’officiers catholiques démissionnèrent à ce moment-là), et les groupes de fidèles rassemblés aux portes des églises pour s’y opposer. Il faut aussi leur dire qu’à cette époque de lutte religieuse les officiers attachés à leur religion étaient « fichés » comme on fiche à présent des criminels de droit commun (mon père avait appris par qui il avait été « fiché »).
J’ai passé volontairement sur les déclarations blasphématoires de ces misérables parce que ce serait leur faire trop d’honneur que de les rappeler. Leur haine de Dieu et de la Sainte Eglise n’ayant d’égale que leur médiocrité.
Il vaut beaucoup mieux relire les encycliques du pape Pie X sur les affaires de France, qui parurent toutes les deux en 1906, l’encyclique Vehementer, le 11 février 1906 et l’encyclique Gravissimo Officii, le 10 août 1906.
Dans Vehementer, le Pape, après avoir rappelé la liste des lois scélérates dont nous venons de parler, déclarait qu’il allait juger la loi de Séparation elle-même.
« Qu’il faille séparer l’Etat de l’Eglise », disait-il, « c’est une thèse absolument fausse, une très pernicieuse erreur… Cette thèse est la négation très claire de l’ordre surnaturel. Elle limite l’action de l’Etat à la seule poursuite de la prospérité publique durant cette vie qui n’est que la raison prochaine des sociétés politiques, et elle ne s’occupe en aucune façon… de leur raison dernière qui est la béatitude éternelle, proposée à l’homme quand cette vie si courte aura pris fin… ». « Cette thèse bouleverse également l’ordre établi par Dieu dans le monde, ordre qui exige une harmonieuse concorde entre les deux sociétés… »

On ne se moque pas de Dieu impunément. La France a été durement châtiée neuf ans plus tard. Les un million sept cent mille jeunes Français qui ont péri, sur les champs de bataille entre mil neuf cent quatorze et mil neuf cent dix-huit, ont été les victimes de l’apostasie nationale ; comme l’avaient été avant eux les fils des révolutionnaires de 1789 que l’Empereur issu de la Révolution entraîna et fit périr dans toute l’Europe pour satisfaire ses ambitions personnelles.
La leçon n’a d’ailleurs pas été suffisante puisque vingt ans après la première guerre mondiale, a éclaté la seconde. La France apostate a été de nouveau châtiée durement puisqu’elle a été entièrement occupée et qu’ensuite elle a perdu son Empire colonial.
Mais, nous l’avons dit, c’est en 1917 qu’a surgi pour la France comme pour les autres nations un péril plus grave encore, celui de la révolution communiste dont l’expansion apparaît à l’heure actuelle, si redoutable.

Ce péril est si grand que la Mère de Dieu est venue elle-même nous mettre en garde à Fatima l’année où le satanique Lénine prenait le pouvoir en Russie. Aucun homme politique, aucun diplomate ne pouvait prévoir ce que la Très Sainte Vierge annonçait : que la Russie, si l’humanité ne faisait pas pénitence, allait répandre ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des révolutions. Là encore, elle fixait une date comme étant celle où devait débuter le cataclysme. « Sous le Pontificat de Pie XI », disait-elle (la guerre d’Espagne a commencé sous le Pontificat de Pie XI)
Pourquoi n’avons-nous pas écouté ses avertissements ? Quel mauvais génie a empêché l’Eglise d’utiliser les remèdes énoncés par la Vierge Marie pour enrayer et refouler la marée des forces du mal ? Pourquoi a-t-elle tant attendu ? Pourquoi a-t-elle procédé à la consécration demandée d’une manière si incomplète ?

La chute de la monarchie autrichienne - H. Le Caron

Les forteresses que l’ennemi de Dieu a du abattre et celles qu’il doit encore renverser pour parvenir a instaurer un gouvernement mondial (2ème partie)

La chute de la monarchie autrichienne La chute de l’Empire d’Autriche-Hongrie a été consommée par le traité de Versailles. La Maison de Habsbourg avait joué en Europe Centrale et en Italie le rôle de la maison de Bourbon et il fallait qu’elle disparaisse. Les traités de Versailles, Trianon et Saint-Germain ont consommé la ruine de la puissance catholique qui subsistait en Occident, pendant qu’à l’Est, avec les subsides de Juifs américains (notamment la banque Schiff et la banque Warburg), le Tsar était renversé par les Soviets1. Les décisions du traité de Versailles sont celles prises par le convent maçonnique qui se réunit à Paris les 28, 29 et 30 juin 1917. Toutes les loges alliées et neutres y étaient représentées. On sait que l’Empire d’Autriche était dépecé et réduit en une poussière d’Etats maçonniques2 qu’Hitler devait annexer très facilement vingt ans plus tard (en attendant qu’ils soient conquis par les Soviets). La volonté d’éliminer la Maison de Habsbourg et de dépecer l’Empire d’Autriche-Hongrie ressort clairement du refus par les Alliés de signer une paix séparée avec l’Autriche qui était proposée par l’Empereur Charles Ier, successeur de l’Empereur François-Joseph. Ce dernier était mort le 21 novembre 1916 et l’Empereur Charles Ier (qui avait épousé une princesse de France, Zita de Bourbon-Parme), souverain qui n’avait aucune responsabilité dans le déclenchement de la conflagration mondiale, s’était empressé de faire des propositions de paix qui devaient être appuyées par Benoît XV au mois d’août 1917. La Franc-Maçonnerie les fit échouer. Le Président du Conseil français, le protestant Ribot, transmit les instructions maçonniques à Lord Robert Cecil à Londres qui les rapporta à Lord Bertie : « Monsieur Ribot me prie de vous faire connaître ses appréhensions et de vous dire qu’il ne saurait se laisser conduire dans la voie où le Vatican paraît vouloir l’entraîner. Il espère que le Gouvernement britannique partage son sentiment et donnera à Monsieur de Salis des instructions en vue de décourager toute tentative du Cardinal Secrétaire d’Etat, tendant à une intervention officieuse entre belligérants » (L’offre de paix séparée de l’Autriche, par le prince Sixte de Bourbon). Sans cette volonté de détruire l’Empire d’Autriche-Hongrie, la guerre aurait fini beaucoup plus tôt et des centaines de milliers de vies humaines auraient été épargnées. Il faut observer qu’au contraire l’Empire protestant d’Allemagne, transformé en démocratie, ne fut que momentanément abaissé et conserva toute sa puissance. A l’époque, les esprits lucides avaient été révoltés par ce traité (mon père, chef des opérations du général Mangin, avait quitté l’Armée). Le maréchal Foch, qui avait toujours été tenu à l’écart des négociations, avait écrit à Clemenceau, le 6 mai 1919 : « Monsieur le Président, je me demande si je vous accompagnerai demain à Versailles. Je me trouve devant le cas de conscience le plus grave que j’ai connu dans mon existence. Ce traité, je le répudie et je ne veux pas, en m’asseyant à vos côtés, en partager la responsabilité. Il y aura peut-être une Haute-Cour pour nous juger, parce que la France ne comprendra jamais que, de la victoire, nous ayons fait sortir la faillite. Ce jour-là, je veux me présenter, la conscience tranquille et mes papiers en règle »3. Pour les hommes qui ont joué un rôle déterminant dans ces événements, il faut citer le franc-maçon Wilson, Président des Etats-Unis, qui imposa le traité de Versailles, et Clemenceau, Président du Conseil de la République française, qui le signa. Il existe un mythe Clemenceau comme il existe un mythe gaulliste. Nul n’ignore que « le Tigre », « le Père la Victoire » était un révolutionnaire athée4. On lui doit des formules à l’emporte-pièce qui permettent de cerner l’homme. « La Révolution est un bloc dont on ne peut rien distraire… Elle dure encore parce que ce sont toujours les mêmes hommes qui se trouvent en face des mêmes ennemis. Oui vous êtes demeurés les mêmes et nous n’avons pas changé. Voilà pourquoi la lutte durera jusqu’à ce qu’un des deux partis soit victorieux » (à la Chambre, le 29 janvier 1897). Il disait encore : « Depuis la Révolution, nous sommes en révolte contre l’autorité divine et humaine ». « Rien ne sera fait dans ce pays tant qu’on n’aura pas changé l’état d’esprit qu’y a introduit l’autorité catholique » (le 12 juillet 1909, cité par P. AUBURTIN. Pour qu’Il règne, p. 138). Le Tigre » avait la haine de la maison de Habsbourg. Il écrivait, le 6 septembre 1867, après l’exécution de Maximilien, Empereur du Mexique et frère de François-Joseph, « à propos de ces empereurs, rois, archiducs et princes » : « Je les hais d’une haine sans merci, comme on haïssait autrefois en 93, alors qu’on appelait cet imbécile de Louis XVI l’exécrable tyran. Entre nous et ces gens-là il y a une guerre à mort… Je n’ai point de pitié pour ces gens-là… Vous voyez que je suis féroce. Ce qu’il y a de pire, c’est que je suis intraitable » (lettre reproduite dans l’ouvrage de Jean DES CARS, Elisabeth d’Autriche ou la fatalité, p. 421). Il avait connu en décembre 1886 l’Archiduc Rodolphe par l’intermédiaire de la fille de Szeps, rédacteur en chef du Nouveau Quotidien de Vienne, (et plus tard fondateur du Journal de Vienne). La fille de Szeps avait épousé en effet Paul Clemenceau, frère de Georges. L’archiduc héritier, Rodolphe, était hostile à l’Allemagne et souhaitait ardemment une alliance de l’Autriche avec la France et l’Angleterre. On a pensé pendant longtemps que l’Allemagne l’avait fait assassiner à Mayerling le 30 janvier 1889 (assassinat camouflé en suicide). Mais Rodolphe était un libéral qui écrivait d’ailleurs des articles dans le journal de Szeps. Il lui adressa un jour cette lettre extrêmement curieuse qui date de 1882 (citée par Henry Valloton, p. 246 dans son ouvrage Elisabeth, l’Impératrice tragique.) : « Je vous souhaite et je nous souhaite à tous de combattre pendant de longues années avec une force infatigable au premier rang de ceux qui luttent pour la vérité, les lumières, la civilisation, l’humanité et le progrès. Nous sommes, vous et moi, unis par les idées ; nous tendons au même but. Si les temps actuels sont mauvais, si l’esprit réactionnaire, le fanatisme, la dégradation des mœurs, le retour aux anciens âges, semblent dominer aujourd’hui, nous avons néanmoins confiance dans un bel avenir, dans la victoire des principes que nous servons ; car le progrès est une loi inéluctable de la nature… La France est pour nous la source primitive de toutes les idées et de toutes les institutions libérales du Continent ; nous lui devons énormément. Elle donne la preuve éclatante de ce que les républiques peuvent faire de grand en Europe, en 1882… » Il s’agit là d’un langage maçonnique. Maurice Szeps était un Juif libéral. Il est probable (mais il faudrait en rechercher la preuve) qu’il était également franc-maçon. L’archiduc héritier, Rodolphe, a-t-il changé d’opinion entre 1882, date où il écrivait cette lettre, et 1889, date de sa mort ? Ou bien ne voulut-il pas accomplir ce à quoi il s’était engagé ? Se savait-il condamné ? Comment interpréter les lettres écrites à sa femme dans lesquelles il parlait de sa mort prochaine, et non pas de son suicide ? « Je vais paisiblement à la mort qui seule peut sauvegarder mon nom ». « Il faut que je meure » écrivait-il au diplomate Szogynény (Jean DES CARS, O. cit., p. 421). Nous entrons là dans le domaine des hypothèses. Toutefois, d’après les récentes déclarations de l’impératrice Zita rapportées par Jean des Cars (op. cit., p. 423, publiées par le quotidien viennois Kronen Zeitung), ce ne serait pas l’Allemagne qui serait responsable de l’assassinat de l’Archiduc Rodolphe, mais la France en la personne de Georges Clemenceau. Ce dernier et l’un de ses agents, Cornelius Herz, commanditaire du journal de la Justice, auraient tenté de gagner l’Archiduc Rodolphe à leur cause. Clemenceau cherchait à faire de l’Autriche-Hongrie son alliée dans une guerre de revanche contre la Prusse. Selon ce schéma, Cornelius Herz aurait tenté de convaincre Rodolphe de monter sur le trône à la place de son père… Rodolphe ayant refusé de déposer son père et étant devenu « l’homme qui en savait trop », il aurait été tué par des hommes de main, après avoir opposé une résistance désespérée aux agents de Cornelius Herz et de Clemenceau5. Enfin, il faut noter que seules les monarchies protestantes et maçonniques (à l’exception du petit royaume de Belgique) ont été épargnées en Europe jusqu’à présent. Et cela se conçoit parfaitement bien : on peut être protestant de tant de façons ! Le protestantisme ne gêne pas la Révolution parce qu’il conduit logiquement à l’indifférence religieuse. 1 L’Occident victorieux aurait pu intervenir, mais il a pensé qu’une République démocratique serait finalement instaurée. La banque Warburg avait ouvert un compte en 1917 à Trotsky. Voir les documents 9 et 10 de Papers relating to the Foreign Relations of the United States, t. I, p. 375-­376. Les familles Schiff et Waiburg étaient non seulement alliées mais associées. 2 Les nouveaux dirigeants tchèques étaient francs-maçons (Bénès), Alexandre de Yougoslavie l’était aussi, Carol de Roumanie également. Notons qu’au moment des négociations de paix et avant de disloquer l’Autriche, on aurait proposé à l’Empereur Charles Ier de se faire franc-maçon ; ce qu’il refusa. Ce renseignement est donné par Les nouvelles religieuses du 15 mars 1926, p. 132 : le rattachement de l’Eglise catholique à l’Allemagne protestante. 3 LA FRANQUERIE, Le Péril allemand, pp. 58 et 63. Lire également Emile FLOURENS, La France conquise : Edouard VII et Clemenceau, réédité par Buneau-Varilla, directeur du « Matin ». 4 D’après l’ouvrage d’Emile FLOURENS, La France conquise : Edouard VII et Clemenceau (à partir de la page 136). Clemenceau, qui a toujours été l’homme de l’Angleterre, appartenait à une secte dont les membres se faisaient enterrer debout, en haine de Dieu. C’est ainsi qu’il se fit enterrer. 5 La thèse de l’assassinat et non du suicide est confirmée par l’attitude du Saint Siège au moment de la mort de l’Archiduc. Après le premier télégramme envoyé par l’Empereur François Joseph au pape pour obtenir le droit d’inhumer Rodolphe religieusement, le Vatican refusa. Puis le Pape donna son accord après avoir reçu un second télégramme chiffré d’environ deux mille mots, contenant toutes explications sur les causes de la mort de l’Archiduc.

La chute de la monarchie française - H. Le Caron

Les forteresses que l’ennemi de Dieu a du abattre et celles qu’il doit encore renverser pour parvenir a instaurer un gouvernement mondial (1ère partie)

Avant d’abattre, il faut déjà conquérir et nous allons voir avec quelle intelligence et par quelles ruses le prince de ce monde est parvenu à conquérir des forteresses qui paraissaient imprenables.

Quelles sont ces forteresses ?

Ce sont celles qui, dans le passé, ont constitué pour l’Eglise catholique des glaives temporels puissants : la monarchie française et la monarchie autrichienne. C’est à la maison de Bourbon et à la maison de Habsbourg que la Révolution s’est successivement attaquée. On peut considérer aussi que la disparition tragique des Romanov (bien qu’ils n’aient pas constitué pour l’Eglise catholique un glaive temporel) a permis à la Révolution d’abattre une forteresse importante à l’Est de l’Europe. Aux tsars qui étaient chrétiens ont succédé des hommes abominables, sans doute démoniaques, qui se sont immédiatement attaqués à la religion pour faire disparaître jusqu’à l’idée de Dieu et qui ont supprimé toute liberté dans leur empire.

La chute de la monarchie française
« Effrayante et regrettable sédition, total renversement du régime social qui, à la fin du XVIIIe siècle, sévit en France et persécuta haineusement les choses divines et humaines, le roi et les nobles et tout spécialement l’Eglise du Christ et ses ministres… En ce temps-là, des hommes ignobles s’emparèrent hardiment du pouvoir, masquant la haine qui les agitait à l’endroit de la religion catholique sous le fallacieux prétexte de philosophie, tendant de toute leur force à abolir le nom chrétien… » (Pie XI : Lettre Apostolique proclamant Bienheureux Pierre-René Rogue).
La Révolution française fut l’œuvre d’une minorité bien organisée qui, dans la personne de Louis XVI, a voulu abattre le principe qu’il incarnait : La soumission à l’ordre politique de Dieu1. Le Pape Pie VI l’expose d’une manière remarquable dans son allocution du 13 juin 1793 sur la mort de Louis XVI, en faisant remonter cette sédition à la Réforme.
« Il y avait bien longtemps que les Calvinistes projetaient et préparaient la ruine de la religion romaine en France. Il avait fallu d’abord préparer les esprits, faire pénétrer dans le peuple les doctrines impies : on ne cessa, dès lors, de répandre partout des libelles débordant de perfidie et d’esprit de sédition… L’Assemblée Générale du Clergé de France, en 1745, dénonça ces très dangereuses et criminelles entreprises ».
Et plus tard le Pape Léon XIII, dans son admirable ouvrage : l’Eglise et le Droit Commun (p. 161, Casterman), précisera lui aussi :
« C’est de la Réforme que naquirent, au siècle dernier, et la fausse philosophie et ce qu’on appelle le droit moderne et la souveraineté du peuple et cette licence sans frein en dehors de laquelle beaucoup ne savent plus voir de vraie liberté ».
Joseph de Maistre qui possédait un esprit particulièrement lucide a bien résumé la question en ces quelques lignes :
« Depuis l’époque de la Réforme et même depuis celle de Wiclef, il a existé en Europe un certain esprit terrible et invariable qui a travaillé sans relâche à renverser le Christianisme… Sur cet esprit destructeur sont venus se greffer tous les systèmes antisociaux et antichrétiens qui ont paru de nos jours. Tout cela ne fait qu’un et ne doit être considéré que comme une seule secte qui a juré la destruction du Christianisme et celle de tous les trônes chrétiens, mais surtout et avant tout celle de la maison de Bourbon et du siège de Rome »2. (Œuvres, t. VIII, p. 312).
Il existe de nombreux ouvrages qui font ressortir le rôle déterminant des Sociétés de pensée et des Loges maçonniques dans la Révolution française. Nous ne pouvons nous étendre sur ce sujet.
Voltaire fut reçu franc-maçon, lors de son premier voyage en Angleterre (1725-1728) et, de retour à Paris, vers 1730, il ne fit point mystère de son projet d’anéantir le Christianisme3. La publication de l’Encyclopédie fut le premier moyen pour atteindre ce but4. Il écrivait, le 23 mai 1764 à Damilaville : « Je mets toutes mes espérances dans l’Encyclopédie ». L’Encyclopédie ne fut tirée qu’à 4200 exemplaires en 35 volumes in-folio ; ce qui prouve que pour réaliser une révolution, il suffit de contaminer un petit nombre d’intellectuels auxquels on fournit des arguments.

Après la fondation, en 1772, du Grand Orient de France, qui fut une concentration des troupes maçonniques françaises, la Franc-Maçonnerie prit tout son développement, si bien qu’en 1789 elle ne comptait pas moins de 700 loges en France et dans ses colonies, sans compter un grand nombre de chapitres et d’aréopages (rapport lu à la tenue des Loges du Grand Orient de Nantes le lundi 23 avril 1983).

Les révolutionnaires et les hommes les plus connus qui ont de la scène politique, à cette époque-là, appartenaient tous à des Loges.

Philippe-Egalité, Dumouriez, La Fayette, Custine, les frères Lameth, Dubois à la Loge de Crancé, Roederer, Lepelletier de Saint-Fargeau, appartenaient à la loge « La Candeur ».
Babeuf, Hébert, Lebon, Marat, Saint-Just, à celle des « Amis Réunis ». Bailly, Barère, le docteur Guillotin, Danton, Garat, Lacépède, Brissot, Camille Desmoulins, Pétion, Collot d’Herbois étaient de la Loge des «Neuf Sœurs » à laquelle avaient appartenu Voltaire, d’Alembert, Diderot et Helvétius.
L’abbé Sièyes faisait partie de celle des « Vingt-Deux ».
Robespierre était Rose-Croix du Chapitre d’Arras.
Dietrich, Talleyrand et Savalette de Lange appartenaient à la Secte des « Illuminés ».

En ce qui concerne plus précisément la mort de Louis XVI qui fut tué « en haine de la foi catholique » (Pie VI, texte déjà cité), nous ne possédons pas de preuves écrites, mais seulement des témoignages. La mort de Gustave III, roi de Suède, et celle de Louis XVI auraient été décidées à Francfort, en 1785, lors de l’Assemblée Générale des Illuminés « Eclectiques ». Les témoignages abondent, écrit Mgr Delassus. Parmi ceux-ci on peut citer celui du comte de Haugwitz, ministre de Prusse au congrès de Vérone qui avait été chargé de la direction des Loges de Prusse, de Pologne et de Russie ; le témoignage du Cardinal Mathieu, Archevêque de Besançon (lettre à M. Léon Pages). On y lit: « Il y eut à Francfort en 1785 une assemblée de Francs-Maçons où furent convoqués deux hommes considérables de Besançon, M. de Reymond, inspecteur des postes, et M. Marc de Bouligney, président du Parlement. Dans cette réunion, le meurtre du roi de Suède et celui du roi Louis XVI furent résolus. M. de Reymond qui vécut jusqu’en 1838 en fit la confession à M. Bourgon, président de chambre à la Cour et à M. Weiss, bibliothécaire de la ville et membre de l’Institut : Mgr Besson, alors vicaire général du cardinal Mathieu et depuis lors évêque de Nîmes, a confirmé et complété ces faits.

Enfin, dans les premiers jours de mars 1898, le R.P. Abel, Jésuite de grande renommée en Autriche, dans une de ses conférences pour hommes données à Vienne à l’occasion du Carême, dit : « En 1784 (peut-être 1785), il y eut à Francfort une réunion extraordinaire de la Grande Loge Éclectique. Un des membres mit aux voix la condamnation à mort de Louis XVI et de Gustave III. Cet homme s’appelait Abel. C’était mon grand-père ». A la conférence suivante, le R.P. Abel précisa : « Mon père (d’abord franc-maçon) m’a recommandé en mourant, comme sa dernière volonté, que je m’appliquerais à réparer le mal que lui et nos parents avaient fait ».

Tout cela aurait sans doute été évité et la monarchie française aurait triomphé de ses ennemis si Louis XIV ou l’un de ses successeurs avait consacré le Royaume au Cœur Sacré de Jésus comme l’avait demandé Notre Seigneur à sainte Marguerite-Marie, à Paray-le-Monial, en 1689, c’est-à-dire cent ans avant la date que l’on considère comme le début de la Révolution française5.

Les conséquences de la Révolution française furent considérables en France et en Europe. Dieu qui, depuis treize siècles, était premier servi dans un royaume où le monarque était considéré comme son lieutenant, a été remplacé par la créature déifiée. Ce fut un bouleversement total que le pape Benoît XV a résumé en quelques lignes (A.A.S. 7 mars 1917) :
« C’est sous l’effet de la folle philosophie issue de l’hérésie des novateurs et de leur trahison que, les esprits déraisonnant en masse, éclata la Révolution, dont l’extension fut telle qu’elle ébranla les bases chrétiennes de la société, non seulement en France, mais peu à peu, dans toutes les nations. Car, une fois l’autorité de l’Eglise rejetée officiellement, en renonçant à tenir la religion pour la gardienne et la protectrice du droit, du devoir et de l’ordre dans la Cité, on émit alors l’avis que le pouvoir prenait sa source dans le peuple et non en Dieu ; que les hommes étaient tous égaux entre eux par nature comme en droit ; qu’il était laissé à chacun liberté d’agir comme il l’entendait à condition que la loi ne l’interdît pas ; que rien n’avait force de loi que le peuple n’ait ordonné ; surtout que la liberté de penser en matière religieuse ou de diffuser tout ce que chacun voulait n’était limitée par rien tant que cela ne portait tort à personne. Voilà généralement sur quoi, pour tout principe, s’appuie la politique depuis ce temps… »

1 « Qui pourrait jamais douter que ce monarque n’ait été principalement immolé en haine de la foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques » (Pie VI). Extrait du Consistoire du 11 juin 1793. Le martyre du Roi a été accompagné de persécutions contre les catholiques et de destructions d’édifices religieux et d’objets du culte.

2 Joseph de Maistre n’a pu assister à l’élimination de la maison de Habsbourg qui a eu lieu au siècle suivant.

3 Dans son ouvrage le Livre de l’Apprenti, Oswald Wirth relate la réception de Voltaire par la fameuse Loge des Neuf Sœurs. Il fut présenté par Franklin et par Cour de Gebelin.

4 Voltaire avait recommandé à d’Alembert ‘de farcir l’Encyclopédie de vérités qu’on n’aurait pas osé dire il y a vingt ans ».

5 Louis XVI procéda à cette consécration lorsqu’il était prisonnier au Temple, mais la révolution était alois accomplie. De même, on peut penser que l’expansion soviétique aurait été contenue si l’Eglise avait procédé à la consécration de la Russie au Cœur de Marie dans les formes prescrites par celle-ci (Fatima).

La lutte des deux églises - H. Le Caron

L’histoire de l’humanité, dans sa trame fondamentale, est constituée par la lutte permanente que la Contre-Eglise (saint Paul l’appelait le mystère d’iniquité) mène contre l’Eglise véritable, Corps mystique du Christ. C’est ce que de grands esprits, inspirés par Dieu, nous ont expliqué clairement; saint Augustin quand il a décrit la lutte des deux cités que deux amours différents ont engendrées; saint Ignace de Loyola quand il a parlé du combat des deux étendards. Plus près de nous, le Cardinal Pie qui fut une des grandes lumières du dix-neuvième siècle a admirablement résumé ce que fut, sur le plan métaphysique et théologique, la révolte de Lucifer. « Satan se jugeant blessé dans la dignité de sa condition native, se retrancha dans le droit et dans l’exigence de l’ordre naturel. Il ne voulut ni adorer dans un homme la majesté divine, ni accueillir en lui-même un surplus de splendeur et de félicité dérivant de cette humanité déifiée. Au mystère de l’Incarnation, il objecta la création. A l’acte libre de Dieu, il opposa un droit personnel. Enfin, contre l’étendard de la Grâce, il leva le drapeau de la nature». Le mystère d’iniquité est caractérisé par un refus de la grâce. Alors que dans la création divine l’ordre naturel et l’ordre surnaturel coexistent harmonieusement (le chrétien en état de grâce vit en même temps d’une vie naturelle et d’une vie surnaturelle), nous assistons dans la tentative de domination luciférienne à une révolte de la nature contre la grâce et à une déification de la créature. (D’ailleurs quand on y réfléchit, c’est Satan qui est déifié à travers la créature révoltée.) Cette créature gonflée d’orgueil qui s’est révoltée contre Dieu et contre son ordre prétend alors instaurer sur le seul plan de la nature une société excellente dont Dieu est totalement exclu. « Le grand mythe révolutionnaire, a dit André Malraux, est une assomption du peuple inséparable de la victoire ». Il a dit aussi que « la Révolution joue aujourd’hui le rôle que joua la vie éternelle ». Mais comme Notre Seigneur, lui, a affirmé : « Sans moi vous ne pouvez rien faire» (Jean XV, V. 55), cette tentative prométhéenne de l’humanité révoltée ne peut conduire qu’à l’échec; ce qui devait être un paradis, nous le constatons, finit toujours dans l’abomination et dans l’esclavage. Seule, la Vérité nous rend libres (Jean VIII, 32).